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CAMEROUN : BUDGET 2027, VOICI LES PRIORITÉS ÉCONOMIQUES FIXÉES PAR PAUL BIYA

CAMEROUN : BUDGET 2027, VOICI LES PRIORITÉS ÉCONOMIQUES FIXÉES PAR PAUL BIYA

Production locale, préférence nationale dans les marchés publics, agriculture, industrie et infrastructures : le chef de l’État fixe le cap de la préparation du budget 2027, avec l’objectif de soutenir la croissance tout en maîtrisant l’endettement. Par Dieudonne Ntepp ll Journaliste,rédacteur en chef

CAMEROUN : BUDGET 2027, VOICI LES PRIORITÉS ÉCONOMIQUES FIXÉES PAR PAUL BIYA Production locale, préférence nationale dans les marchés publics, agriculture, industrie et infrastructures : le chef de l’État fixe le cap de la préparation du budget 2027, avec l’objectif de soutenir la croissance tout en maîtrisant l’endettement. Par David pem Journaliste, Directeur de publication Le Cameroun prépare son budget 2027 avec une priorité affichée : renforcer la capacité de l’économie nationale à produire, à transformer et à répondre aux besoins du marché intérieur. La circulaire présidentielle n°001 du 12 octobre 2026 relative à la préparation du budget de l’État encadre les propositions des administrations avant les arbitrages gouvernementaux et l’examen de la loi de finances. Les orientations annoncées mettent en avant la préférence nationale, le développement agricole et industriel, l’électricité et les infrastructures de transport. Elles s’inscrivent dans la continuité de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, la SND30. L’enjeu sera de traduire ces ambitions en financements disponibles, en projets exécutés et en résultats mesurables pour les entreprises et les ménages. La commande publique au service de la production camerounaise La préférence nationale constitue l’un des axes de la préparation budgétaire. Les administrations sont invitées à orienter davantage leurs achats vers les biens et services produits au Cameroun. L’objectif annoncé est de soutenir les entreprises locales et de renforcer leur compétitivité. Sur le plan économique, cette orientation peut donner aux producteurs une meilleure visibilité sur leurs débouchés. Des commandes régulières permettent de planifier la production, d’investir et, lorsque l’activité le justifie, de recruter. Son efficacité dépendra toutefois des conditions d’application. Les entreprises devront pouvoir accéder aux marchés dans des conditions transparentes, fournir les quantités attendues et être payées dans des délais compatibles avec leur trésorerie. Favoriser l’offre nationale suppose également d’accompagner sa qualité. La préférence accordée à un fournisseur doit se traduire par un service effectivement rendu ou un bien conforme aux besoins de l’administration. Le patriotisme économique devra ainsi être évalué à travers la place réellement accordée aux producteurs camerounais dans les achats publics. L’import-substitution reconduite pour 2027-2029 Le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique, le PIISAH, est reconduit pour le triennat 2027-2029. Cette orientation vise à accroître la production nationale et à réduire la dépendance aux importations. Les mesures annoncées comprennent l’amélioration de la disponibilité des intrants, la simplification des procédures d’accès au foncier agricole et la sécurisation des terres destinées à l’agriculture de seconde génération. La reconduction du programme pose une question centrale : comment accélérer son exécution et rendre ses effets davantage visibles sur les marchés ? Une politique de substitution aux importations exige une offre locale disponible, régulière et compétitive. Pour les consommateurs, son succès se mesurera notamment à la qualité des produits, à leur présence dans les points de vente et à leur prix. Pour les producteurs, les conditions essentielles seront l’accès aux équipements, aux financements et aux débouchés. Ces facteurs doivent progresser ensemble : augmenter la production sans pouvoir la conserver ou l’acheminer limite les retombées attendues. L’agriculture et l’industrie dans une même stratégie Le développement agricole et industriel figure parmi les priorités annoncées pour la préparation du budget 2027. Ces deux secteurs sont étroitement liés. Une production agricole accrue peut alimenter les unités de transformation. À leur tour, ces unités peuvent offrir des débouchés plus stables aux exploitants et créer de la valeur ajoutée. L’analyse économique conduit donc à regarder toute la chaîne : production, stockage, transformation, transport et commercialisation. Le budget devra permettre d’identifier les interventions publiques les plus utiles à chaque étape. La réussite ne dépendra pas seulement du nombre de projets annoncés, mais de leur capacité à résoudre les difficultés qui freinent réellement les activités. Pour les entreprises, cette cohérence est essentielle. Une unité de transformation ne peut fonctionner durablement sans matières premières régulières, énergie disponible et accès aux marchés. Le rapprochement entre agriculture et industrie pourrait ainsi contribuer à développer des activités complémentaires et à élargir les possibilités d’emploi. L’électricité et les transports, conditions de la compétitivité L’amélioration de l’approvisionnement électrique et la modernisation des transports font également partie des orientations annoncées. Les infrastructures routières, ferroviaires et portuaires doivent faciliter l’acheminement des produits vers les marchés. Pour une entreprise, la compétitivité dépend autant de sa production que de son environnement. Une alimentation électrique irrégulière peut interrompre l’activité. Des transports difficiles peuvent augmenter les délais et les coûts. Dans cette perspective, l’évaluation des investissements devrait porter sur leur utilité concrète : énergie effectivement disponible, réduction des temps de trajet et amélioration des connexions entre bassins de production et marchés. Une infrastructure achevée représente une étape. Son entretien et son fonctionnement déterminent les bénéfices durables qu’elle apporte à l’économie. L’enjeu consiste donc à relier les investissements publics aux besoins des activités productives et des populations. Des instruments douaniers pour soutenir l’industrialisation Les orientations rapportées prévoient une politique douanière favorable à l’industrialisation et à l’import-substitution. Des prélèvements ciblés sont également envisagés pour financer cette politique, sans précision disponible sur les marchandises concernées ni sur les taux. Il serait donc prématuré d’annoncer des taxes déterminées. L’enjeu sera de concevoir des mesures cohérentes avec les objectifs de production. Leur effet devra être apprécié aussi bien sur les entreprises que sur les consommateurs, notamment lorsque certains équipements ou intrants restent importés. Une politique destinée à favoriser la transformation locale doit tenir compte des besoins des industries concernées. Les dispositions définitives permettront de comprendre comment cet équilibre sera recherché. Préserver l’investissement tout en maîtrisant l’endettement Les orientations présidentielles sont présentées comme visant à consacrer au moins 30 % du budget général à l’investissement public. Elles insistent également sur la maîtrise de l’endettement et la mobilisation des recettes. Ce choix implique des arbitrages. Les besoins sont nombreux, tandis que les ressources doivent également couvrir le fonctionnement des services publics et les engagements financiers de l’État. La sélection des projets devient alors déterminante. Leur maturité, leur coût, leur utilité et leur capacité à être exécutés doivent guider les décisions. Le ministère de l’Économie souligne déjà, dans les travaux de programmation 2027-2029, la nécessité d’améliorer la qualité de l’investissement public et son impact sur le développement. L’efficacité budgétaire ne se mesure donc pas uniquement aux montants inscrits. Elle dépend également des financements effectivement disponibles, de la réalisation des projets et de leur fonctionnement après livraison. Mobiliser les ressources et améliorer l’efficacité des dépenses La mobilisation des recettes constitue une condition du financement des priorités économiques. Sur le plan de l’analyse, le défi consiste à dégager les moyens nécessaires tout en préservant la capacité des entreprises à investir et à développer leurs activités. L’efficacité des dépenses représente l’autre partie de cette équation. Une meilleure programmation, le suivi de l’exécution et l’évaluation des résultats peuvent contribuer à améliorer l’utilisation des ressources publiques. La préparation du budget devra donc articuler les ambitions sectorielles avec les possibilités réelles de financement. Une enveloppe annoncée n’a de portée économique que lorsqu’elle permet de réaliser une action utile dans les délais prévus. Des orientations à distinguer du budget définitif La circulaire fixe un cadre de préparation. Elle ne permet pas encore d’affirmer que chaque priorité disposera d’une enveloppe précise ou que toutes les mesures seront appliquées dès janvier 2027. Le projet de loi de finances devra préciser les crédits, les dispositions fiscales et les modalités de financement. Son examen permettra de mesurer la place effectivement accordée aux ambitions annoncées. Le terme de « nouvelles priorités » mérite aussi d’être nuancé. Plusieurs orientations prolongent des politiques engagées dans le cadre de la SND30. La reconduction du PIISAH pour 2027-2029 constitue un élément concret ; l’ensemble des changements devra être apprécié à partir des textes budgétaires détaillés. Il faudra donc distinguer les objectifs politiques, les crédits votés et les résultats obtenus. Les points à suivre dans le projet de loi de finances Plusieurs éléments permettront d’évaluer la traduction budgétaire des orientations présidentielles : * Les enveloppes effectivement affectées à l’investissement public. * Les financements consacrés au PIISAH. * Les modalités de préférence nationale dans la commande publique. * Les dispositions douanières retenues. * La sélection et l’exécution des projets. * Les engagements liés à la dette et leur financement. Pour les populations, le résultat attendu reste pratique : davantage de production, des entreprises capables de se développer, des infrastructures fonctionnelles et des services publics efficaces. Les orientations du budget 2027 mettent ainsi l’accent sur la capacité du Cameroun à produire et à transformer davantage sur son territoire. Leur portée devra être appréciée à travers les moyens effectivement mobilisés et les améliorations constatées dans la vie économique et sociale. Dossier établi à partir des informations disponibles au 12 octobre 2026. Les dispositions définitives restent à préciser dans la loi de finances.

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