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CEMAC : LA COBAC FRAPPE FORT, 93 SANCTIONS ET 11 DIRIGEANTS ÉCARTÉS

CEMAC : LA COBAC FRAPPE FORT, 93 SANCTIONS ET 11 DIRIGEANTS ÉCARTÉS

Fonds propres insuffisants, risques mal maîtrisés et défaillances de gouvernance : le superviseur bancaire durcit le ton face aux manquements des banques et des microfinances. Le bilan de 2025 pose la question de la responsabilité des dirigeants et de la protection de l’épargne. Par David pem Journaliste, Directeur de publication

La discipline bancaire s’impose au cœur de l’actualité financière en Afrique centrale. Le bilan présenté pour 2025 fait état de 93 sanctions disciplinaires concernant des établissements financiers, des dirigeants et des commissaires aux comptes. Ce total ne correspond donc pas à 93 banques sanctionnées. Pour les établissements concernés, l’enjeu dépasse la conformité administrative. Les règles prudentielles servent à prévenir les situations dans lesquelles une mauvaise gestion des crédits, des pertes insuffisamment couvertes ou des tensions de trésorerie compromettent la continuité de l’activité. Onze dirigeants contraints de quitter leurs fonctions Le bilan comprend 17 avertissements, 41 blâmes, 11 démissions d’office de dirigeants et 17 retraits d’agrément. Certaines mesures auraient été accompagnées d’interdictions d’exercer pendant cinq à dix ans. Les catégories détaillées totalisent toutefois 86 mesures : la nature des sept autres sanctions reste à préciser. Aucune liste nominative ni ventilation par pays n’est présentée dans les éléments disponibles. La démission d’office engage directement la responsabilité des personnes qui conduisent les établissements. Elle rappelle qu’une fonction de direction implique aussi l’obligation de faire respecter les règles de gestion et de surveillance. Le retrait d’agrément constitue une mesure particulièrement lourde. Sa portée dépend cependant de son destinataire : retirer l’autorisation d’un établissement n’a pas les mêmes conséquences que retirer celle d’un dirigeant ou d’un commissaire aux comptes. La COBAC dispose de pouvoirs disciplinaires visant ces différentes catégories d’acteurs. Les fonds propres, première ligne de défense Parmi 54 banques déclarantes, 18 présentaient une insuffisance de fonds propres nets, contre 22 un an auparavant. Treize ne respectaient pas la limite individuelle de division des risques, neuf le coefficient de transformation et trois le minimum réglementaire de liquidité. Ces manquements peuvent se cumuler dans un même établissement. Les fonds propres constituent un coussin destiné à absorber les pertes. Lorsqu’un crédit n’est pas remboursé ou qu’un actif perd de sa valeur, l’établissement doit pouvoir supporter le choc. Un niveau insuffisant réduit cette capacité de résistance. La division des risques répond à une autre nécessité : éviter qu’une part excessive des engagements repose sur un seul client ou un groupe de clients liés. Une banque peut afficher une activité soutenue tout en restant vulnérable si quelques emprunteurs concentrent une grande partie de ses crédits. Le coefficient de transformation et les exigences de liquidité encadrent, pour leur part, l’équilibre entre les ressources disponibles et les engagements pris. Ces règles cherchent notamment à limiter les difficultés que peut provoquer le financement d’opérations longues avec des ressources mobilisables à court terme. La microfinance également sous surveillance Dans la microfinance, sept nouveaux placements sous administration provisoire auraient été décidés en 2025, portant à 14 le nombre d’établissements sous ce régime à la fin de l’année. Cinq procédures de liquidation sont également rapportées. Le superviseur aurait réalisé 37 missions de contrôle sur place, contre 26 initialement prévues. Pour les clients, il faut distinguer les situations. Une sanction visant un dirigeant ne signifie pas automatiquement la fermeture de l’établissement. De même, une administration provisoire et une liquidation ne doivent pas être confondues : les conséquences concrètes dépendent des décisions prises pour chaque institution. Cette distinction est essentielle dans un secteur où la confiance conditionne les relations entre les établissements et leurs déposants. Une information imprécise peut alimenter l’inquiétude ; une communication claire permet de comprendre la portée des mesures. Une fermeté qui doit déboucher sur des corrections L’action disciplinaire s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue. Les priorités portent notamment sur une application plus ferme des exigences prudentielles, une meilleure évaluation des crédits dégradés et une réduction des concentrations excessives, notamment des expositions envers les États. Sanctionner constitue une étape. La remise en conformité suppose ensuite des décisions concrètes : renforcer les ressources financières lorsque cela est nécessaire, mieux apprécier les risques avant d’accorder un crédit et assurer un contrôle effectif des opérations. La responsabilité incombe aux directions, mais aussi aux organes chargés de surveiller leur action. La recherche de croissance commerciale doit s’accompagner d’une capacité à identifier les fragilités et à les corriger suffisamment tôt. Le bilan de 2025 adresse ainsi un message aux acteurs financiers de la CEMAC : la solidité d’un établissement se juge autant à sa capacité de gérer les risques qu’au volume de ses activités. Pour les épargnants, l’enjeu reste la fiabilité des institutions auxquelles ils confient leur argent

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